“Mais non, il va bien…” : quand le regard des autres minimise ce que nous vivons

“Mais non, il va bien…” : quand le regard des autres minimise ce que nous vivons

Il y a des phrases qui reviennent souvent quand on parle du TDA/H de son enfant.

Des phrases dites parfois avec humour, parfois avec maladresse, mais qui finissent toujours par laisser la même sensation : celle de ne pas être compris.

“Mais non, il va bien.”

“Tu exagères un peu, tous les enfants sont comme ça.”

“Il y a pire ailleurs.”

“Ça va passer, il va grandir.”

« Oui mais moi ma nièce …. »

Au début, j’ai voulu y croire.

Parce que c’est rassurant, quelque part, d’entendre que tout va bien.

Parce qu’on a envie de se dire qu’on s’inquiète peut-être pour rien.

Mais au fond, quelque chose résistait en moi.

Pas une certitude absolue, mais une accumulation de situations vécues au quotidien.

Les devoirs qui prennent des heures.

Les consignes répétées plusieurs fois.

Les oublis constants.

Les difficultés à suivre en classe malgré les efforts.

Les moments de découragement.

Les pleurs parfois et les cris souvent.

Et surtout, cette fatigue invisible chez mon enfant, celle qu’on ne voit pas forcément de l’extérieur.

Alors entendre “il va bien”, c’est étrange.

Parce que ce n’est pas ce que nous vivons.

Et pourtant, ces phrases viennent souvent de personnes qui aiment notre enfant.

De la famille proche.

Des amis.

Parfois même des enseignants ou des adultes de confiance.

Et c’est là que ça devient compliqué.

Parce qu’on ne sait pas toujours comment réagir.

Est-ce qu’on insiste ?

Est-ce qu’on se tait ?

Est-ce qu’on essaie d’expliquer encore une fois ?

Ce qui est difficile, c’est ce décalage permanent entre ce qui est visible pour les autres… et ce qui est réel pour nous.

De l’extérieur, un enfant peut sembler simplement rêveur, dispersé, parfois agité.

Mais de l’intérieur, chaque journée peut représenter un effort considérable pour suivre le rythme attendu.

Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’important.

Les gens ne disent pas toujours ces phrases pour minimiser.

Souvent, ils ne voient simplement pas ce qui se joue derrière les apparences.

Parce que le TDA/H, surtout quand il est accompagné d’un retard d’apprentissage, ne se voit pas immédiatement.

Il ne crie pas.

Il ne s’impose pas toujours à l’œil extérieur.

Il se vit.

Au quotidien.

Dans les petites choses.

Dans les efforts constants.

Dans la gestion de l’attention, des émotions — surtout la frustration et la colère — de l’école et de la fatigue..

Mais même en comprenant cela, ces phrases restent difficiles à entendre.

Parce qu’elles peuvent donner l’impression d’être seuls à voir les difficultés.

De devoir se justifier.

De devoir prouver que ce n’est pas “dans notre tête”.

Ce que j’ai appris, petit à petit, c’est que je n’avais pas besoin de convaincre tout le monde.

Je n’avais pas besoin que chacun comprenne parfaitement.

J’avais surtout besoin de continuer à observer mon enfant.

À l’écouter.

À l’accompagner.

Et à faire confiance à ce que je voyais au quotidien.

J’ai aussi compris une autre chose : pour pouvoir l’aider au mieux, il fallait que j’apprenne à prendre soin de moi.

Mais ça, ce sera l’objet d’un prochain article.

Aujourd’hui encore, ces phrases existent.

Mais elles ont moins de poids.

Parce que je sais que ce que nous vivons est réel.

Même si ce n’est pas toujours visible.

Même si ce n’est pas toujours compris.

Et surtout, parce que mon fils n’a pas besoin que son vécu soit validé par tout le monde pour être réel.

Il a besoin d’être soutenu.

Compris.

Et accompagné.

Un jour à la fois.

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