Attention à la fatigue des parents : il faut aller bien pour pouvoir les aider
On parle souvent du TDA/H chez l’enfant.
De ses difficultés.
De ses besoins.
De ses aménagements.
De son parcours scolaire.
Mais on parle beaucoup moins des parents.
De ce qu’ils vivent.
De ce qu’ils portent au quotidien.
Et surtout de cette fatigue invisible et écrasante qui s’installe avec le temps.
Quand on vit avec un enfant qui a un TDA/H, surtout avec des difficultés associées comme un retard d’apprentissage, le quotidien demande une énergie constante.
Ce n’est pas seulement “gérer les devoirs”.
C’est penser à tout.
Anticiper.
Répéter.
Réexpliquer.
Encourager.
Relancer.
Recommencer.
Encore et encore.
Avec le temps, cette charge devient mentale autant que physique.
On ne s’en rend pas toujours compte tout de suite.
On avance en mode automatique.
On s’adapte.
On cherche des solutions.
On consulte.
On remplit des dossiers.
On prend des rendez-vous.
On se bat pour obtenir de l’aide.
Et pendant ce temps-là, on oublie souvent une chose essentielle : soi-même.
J’ai longtemps pensé que je devais tenir coûte que coûte.
Être forte.
Être organisée.
Être présente pour mon fils à chaque instant.
Ne pas craquer.
Ne pas lâcher.
Mais la réalité, c’est qu’on ne peut pas accompagner un enfant en difficulté si on s’oublie complètement.
J’ai compris petit à petit que mon énergie n’était pas infinie.
Que mon stress se transmettait.
Que ma fatigue influençait aussi la dynamique familiale.
Et surtout, que pour aider mon fils, j’avais besoin d’aller moi-même “bien”.
Pas parfaitement.
Pas sans fatigue.
Mais suffisamment bien pour rester stable, disponible et à l’écoute.
Ce n’est pas égoïste.
C’est indispensable.
Parce qu’un parent épuisé ne peut pas toujours prendre du recul.
Ne peut plus voir les progrès.
Ne peut plus relativiser les difficultés.
Et finit parfois par s’oublier complètement dans le rôle de “gestionnaire du quotidien”.
Avec le temps, j’ai appris à m’accorder des pauses.
À accepter de ne pas tout faire parfaitement.
À déléguer parfois.
À respirer un peu.
Et surtout à comprendre que prendre soin de moi, ce n’était pas m’éloigner de mon rôle de parent.
C’était au contraire ce qui me permettait de continuer à l’assumer.
Parce qu’un enfant avec un TDA/H a besoin d’un parent présent.
Pas parfait.
Pas épuisé.
Mais stable.
Bienveillant.
Et capable de tenir dans la durée.
Aujourd’hui, je regarde les choses autrement.
Je sais que nous faisons de notre mieux.
Tous les jours.
Et que ce “mieux” dépend aussi de notre état intérieur.
Il y a encore des jours difficiles et il y en aura toujours.
Des moments de fatigue.
Des moments de doute.
Mais je me rappelle une chose essentielle :
pour accompagner mon fils dans son parcours, je dois aussi prendre soin du mien.
Ce n’est pas un luxe.
C’est une nécessité.
Et peut-être que si je devais retenir une chose de tout ce chemin, ce serait celle-ci :
on ne peut pas verser dans la tasse de son enfant si la sienne est vide.
Alors aujourd’hui, j’avance avec cette idée.
Et c’est aussi l’une des raisons qui m’ont poussée à créer ce blog.
Parce qu’au fil de notre parcours, j’ai compris à quel point il est précieux de pouvoir échanger avec des personnes qui vivent des réalités similaires.
Parfois, quelques mots d’un autre parent suffisent à se sentir moins seul.
Alors je me pose une question.
Aimeriez-vous disposer d’un espace d’échange entre parents et familles concernées par le TDA/H ?
Un groupe de discussion ? Un espace où partager nos expériences, nos difficultés, mais aussi nos petites victoires du quotidien ?
Je serais curieuse de connaître votre avis.
Parce qu’après tout, avancer ensemble est peut-être la meilleure façon d’avancer.
Un jour à la fois.