Arrêter de comparer son enfant aux autres : une étape difficile mais essentielle.

Arrêter de comparer son enfant aux autres : une étape difficile mais essentielle.

Comparer son enfant aux autres est une habitude très fréquente chez les parents, souvent sans même s’en rendre compte. Cela peut se faire de manière automatique, dans le quotidien, en observant les camarades de classe, les cousins, les enfants des amis, ou même en repensant à sa propre enfance.

On entend alors des phrases comme : “À son âge, les autres savent déjà faire ça”, “Il est en retard par rapport aux autres” ou encore “Pourquoi les autres y arrivent et pas lui ?”.

Avec le recul, je me rends compte que j’ai moi-même souvent comparé mon enfant aux autres enfants, non pas par jugement, mais par inquiétude et par besoin de comprendre où il se situait dans son développement.


Je pense aujourd’hui que comparer son enfant aux autres est presque inévitable au début, surtout lorsqu’on devient parent. On cherche des repères, on essaie de se rassurer, on veut simplement savoir si tout se passe “normalement”.

Mais cette comparaison peut devenir beaucoup plus lourde avec le temps, en particulier lorsqu’on a un enfant avec un TDAH et des difficultés d’apprentissage.

Je me souviens très bien de certaines situations du quotidien. Voir d’autres enfants lire avec fluidité pendant que le mien avait encore du mal avec les sons simples, voir d’autres enfants terminer leurs devoirs rapidement pendant que les nôtres semblaient interminables, ou encore voir d’autres enfants suivre les consignes sans difficulté pendant que mon enfant avait besoin de plusieurs répétitions.

Dans ces moments-là, une même question revenait sans cesse dans mon esprit : “Pourquoi lui a plus de difficultés que les autres ?”.


Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’essentiel : comparer son enfant aux autres enfants n’a pas de sens éducatif réel, car cela repose sur une illusion d’égalité dans le développement.

Chaque enfant avance avec son propre rythme, ses propres capacités de concentration, ses propres difficultés et son propre fonctionnement. Certains enfants sont très à l’aise dans certains apprentissages mais plus en difficulté dans d’autres, et cela ne dit rien de leur valeur ni de leur intelligence.

Dans le cas du TDAH ou des troubles d’apprentissage, ces différences sont encore plus visibles, ce qui rend la comparaison encore plus injuste et souvent trompeuse.


Avec le temps, on réalise que comparer son enfant aux autres peut avoir des effets bien réels, aussi bien sur l’enfant que sur le parent.

L’enfant peut progressivement perdre confiance en lui, se décourager face aux apprentissages et finir par se sentir “moins capable” que les autres, même lorsqu’il fournit beaucoup d’efforts. De son côté, le parent peut ressentir de la culpabilité, de la frustration ou encore une impression constante de ne pas en faire assez.

Et dans la relation parent-enfant, cette pression invisible peut créer moins de sérénité et plus de tension au quotidien.


Petit à petit, j’ai compris qu’il fallait changer de point de comparaison. La seule comparaison réellement utile n’est pas avec les autres enfants, mais avec son propre enfant.

Est-ce qu’il progresse par rapport à hier, au mois dernier ou à l’année dernière ? Même un peu, même lentement, même différemment ?

Ce changement de regard est essentiel, car il permet de voir des progrès qui étaient auparavant invisibles, simplement parce qu’on regardait ailleurs.


Avec le temps, j’ai appris à regarder mon enfant autrement. À valoriser ses efforts plutôt que de me focaliser uniquement sur les résultats, à remarquer les petits progrès du quotidien, et surtout à comprendre que son rythme n’est pas un retard mais une manière différente d’apprendre.

J’ai compris qu’il n’avait pas besoin de ressembler aux autres enfants pour avancer, mais qu’il avait surtout besoin d’être compris, accompagné et encouragé selon ses besoins.


Aujourd’hui encore, il m’arrive parfois de comparer mon enfant aux autres, parce que c’est un réflexe humain difficile à effacer complètement.

Mais je reviens toujours à l’essentiel : mon enfant n’a pas besoin d’être comme les autres. Il a besoin d’être lui-même, avec son propre rythme, ses propres forces et ses propres difficultés.

Parce qu’au final, ce qui compte vraiment, ce n’est pas d’aller vite, mais d’avancer. Et parfois, arrêter de comparer son enfant aux autres est le premier vrai pas vers plus de sérénité.

Cléa
Fondatrice du blog et maman d’un enfant concerné


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