La culpabilité des parents d’enfant TDA/H : entre amour, fatigue et sentiment de mal faire.

La culpabilité des parents d’enfant TDA/H : entre amour, fatigue et sentiment de mal faire.

Il y a une émotion dont on parle peu quand on est parent d’un enfant TDA/H.

La culpabilité.

Pas une culpabilité ponctuelle.

Mais une culpabilité qui revient régulièrement.

Sous différentes formes.

Parfois discrète.

Parfois envahissante.

Mais toujours présente en arrière-plan.

On culpabilise de ne pas en faire assez.

De ne pas avoir vu les signes plus tôt.

De ne pas trouver les bonnes solutions.

De ne pas avoir la bonne réaction au bon moment.

On culpabilise quand notre patience s’épuise.

Quand on répète une consigne pour la dixième fois.

Quand on s’énerve alors qu’on ne voulait pas.

Quand on n’a plus l’énergie d’expliquer calmement.

Et juste après, on culpabilise d’avoir réagi comme ça.

C’est un cercle.

Un cycle sans fin entre amour, fatigue et remise en question.

Avec le TDA/H, cette culpabilité est souvent amplifiée par le quotidien.

Parce que les difficultés sont constantes.

Parce que les besoins sont importants.

Parce que les résultats ne sont pas toujours visibles immédiatement.

Et surtout, parce qu’on a souvent le sentiment de devoir “compenser” quelque chose.

J’ai longtemps cru que je devais être une mère parfaite.

Toujours patiente.

Toujours disponible.

Toujours organisée.

Toujours forte.

Mais la réalité est toute autre.

Je suis une mère qui apprend.

Qui essaie.

Qui se trompe.

Qui recommence.

Et qui fait de son mieux avec les ressources qu’elle a à un moment donné.

Le plus difficile avec la culpabilité, c’est qu’elle nous empêche parfois de voir ce que nous faisons déjà.

Tous les rendez-vous pris.

Tous les dossiers montés.

Toutes les recherches faites.

Tous les moments d’écoute.

Tous les efforts pour comprendre, adapter, accompagner.

Rien de tout cela n’est visible quand on est absorbé par le sentiment de “ne pas en faire assez”.

Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’essentiel.

Mon enfant n’a pas besoin d’un parent parfait.

Il a besoin d’un parent présent.

Un parent qui tient.

Un parent qui continue d’essayer, même quand c’est difficile.

Un parent qui s’excuse quand il s’emporte, mais qui reste là.

Un parent qui cherche des solutions, même dans le doute.

La culpabilité ne disparaît pas totalement.

Mais elle change.

Elle devient moins envahissante.

Moins paralysante.

On apprend à la reconnaître sans la laisser prendre toute la place.

Et surtout, on apprend à se rappeler que si on se pose toutes ces questions, si on doute autant, si on cherche constamment à faire mieux…

c’est aussi parce qu’on aime profondément son enfant.

Aujourd’hui, je ne cherche plus à être parfaite.

Je cherche à être suffisamment bonne.

Suffisamment présente.

Suffisamment à l’écoute.

Et surtout, à continuer d’avancer.

Parce qu’avec le TDA/H, il n’y a pas de parcours linéaire.

Il y a des jours faciles.

Et des jours très difficiles.

Mais il y a surtout un lien qui reste.

Solide.

Même dans les tempêtes.

Et c’est ce lien-là qui compte le plus.

Un jour à la fois.

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