Les petites victoires avec un enfant qui a un TDA/H : apprendre à les voir et à les célébrer
Quand on vit avec un enfant TDA/H, surtout quand il y a aussi un retard d’apprentissage, on peut facilement avoir le sentiment de ne jamais avancer.
Les difficultés prennent beaucoup de place.
Les devoirs sont compliqués.
Les consignes doivent être répétées.
La frustration est grande donc ça crie.
Les oublis sont fréquents.
L’école met souvent en lumière ce qui ne fonctionne pas encore.
Et dans tout ça, on oublie parfois de voir ce qui, pourtant, est essentiel : les petites victoires.
Celles qui ne font pas forcément l’objet d’un bulletin scolaire.
Celles qui ne sont pas toujours visibles pour les autres.
Mais celles qui, au quotidien, sont de véritables progrès.
J’ai longtemps eu tendance à ne pas les remarquer.
Ou plutôt, à les minimiser.
Parce qu’elles semblaient “petites” par rapport aux difficultés rencontrées.
Un devoir terminé sans crise.
Une consigne comprise du premier coup.
Un matin sans oubli.
Une journée un peu plus fluide.
À l’extérieur, cela peut paraître banal.
Mais pour nous, ce sont de vrais moments de réussite.
Avec le temps, j’ai compris que si je ne faisais pas attention à ces petits progrès, je ne voyais que les difficultés.
Et vivre en ne voyant que ce qui ne va pas, c’est épuisant.
Pour mon fils, c’est aussi très important.
Parce que les enfants TDA/H entendent souvent ce qui ne va pas.
Ce qu’ils n’ont pas fait.
Ce qu’ils ont oublié.
Ce qu’ils doivent améliorer.
Et beaucoup moins souvent ce qu’ils ont réussi.
Alors j’ai commencé à changer ma façon de regarder les choses.
À remarquer les efforts.
À souligner les progrès.
Même minimes.
Même imparfaits.
Parce qu’un progrès reste un progrès.
Terminer ses devoirs avec moins de résistance qu’avant est un progrès.
Rester concentré cinq minutes de plus est un progrès.
Se souvenir d’une consigne sans rappel est un progrès.
Et ces petites victoires finissent par construire quelque chose de beaucoup plus grand.
De la confiance.
De l’estime de soi.
Et l’envie de continuer à essayer.
J’ai aussi appris quelque chose d’essentiel.
Ces petites victoires ne sont pas seulement importantes pour mon fils.
Elles sont importantes pour nous aussi, parents.
Parce qu’elles nous rappellent pourquoi on tient.
Pourquoi on continue.
Pourquoi on se bat dans les moments difficiles.
Elles donnent du sens aux efforts du quotidien.
Et elles nous empêchent de tomber dans le découragement permanent.
Bien sûr, tout n’est pas simple.
Il y a encore des jours compliqués.
Des moments de fatigue.
Des situations qui semblent ne pas avancer.
Mais même dans ces périodes-là, il y a toujours quelque chose à observer.
Un effort.
Une tentative.
Un petit pas dans la bonne direction.
Aujourd’hui, j’essaie de ne plus attendre les “grandes réussites”.
J’essaie de voir les petites.
Celles qui, mises bout à bout, construisent un chemin.
Le chemin de mon fils.
Et le nôtre avec lui.
Parce qu’avec le TDA/H, rien n’est linéaire.
Mais tout compte.
Même les plus petites victoires.
Un jour à la fois.