Pourquoi j’ai créé ce blog sur le TDA/H ?
Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que le TDA/H fasse déjà partie de votre vie, de près ou de loin. Peut-être êtes-vous parent, adulte concerné, ou simplement en train de chercher à comprendre un proche.
Dans tous les cas, vous êtes au bon endroit.
J’ai créé ce blog à un moment où, dans notre parcours familial, je me suis sentie profondément seule.
Le TDAH n’est pas quelque chose que nous avons découvert dans un livre ou lors d’une émission télé. C’est notre quotidien. Mon mari vit avec un TDA, et notre fils de 11 ans a été diagnostiqué TDA/H, avec un retard d’apprentissage estimé à environ deux ans.
Quand tout cela a commencé, je pensais naïvement que nous trouverions rapidement de l’aide, des réponses, un accompagnement clair, de l’écoute. En réalité, nous avons surtout découvert un système lent, complexe, parfois décourageant.
Des rendez-vous à enchaîner. Des listes d’attente interminables. Des démarches administratives difficiles à comprendre. Et, au milieu de tout ça, des questions qui restent sans réponse.
Je me souviens de certains soirs où je refermais le dossier médical de mon fils en me disant : “OK … mais maintenant, on fait quoi ?”
Le plus dur, pourtant, n’a pas toujours été l’organisation ou les démarches. Ça a été le regard des autres.
Notre fils est souvent vu comme un enfant distrait, paresseux ou turbulent. Mais ce que les gens ne voient pas, c’est l’énergie que lui demandent des choses qui paraissent simples pour les autres.
Faire ses devoirs peut lui demander une concentration énorme.
Une matinée d’école peut le vider complètement.
Et une petite réussite, pour nous, est souvent une victoire immense.
Il y a des jours où ouvrir un cahier se transforme en lutte. D’autres où tout se passe étonnamment bien, et où l’espoir revient un peu. C’est un équilibre fragile, avec des hauts et des bas.
Ce qui use le plus, parfois, ce n’est pas le TDA/H lui-même, mais la stigmatisation. Les idées reçues. Le fameux “il suffit de faire un effort” ou “il faut mieux se concentrer”.
Si seulement c’était aussi simple.
Avec le temps, j’ai compris que seules les personnes qui vivent cela au quotidien peuvent vraiment comprendre ce que cela représente : la fatigue mentale, les inquiétudes avant un rendez-vous à l’école, les remises en question permanentes, et cette impression de devoir toujours justifier ce que personne ne voit.
Et malgré tout, il y a une chose que je n’oublie jamais.
Mon fils n’est pas son diagnostic.
C’est un enfant intelligent, créatif, sensible, drôle (souvent malgré lui), et incroyablement persévérant. Il a une façon de voir le monde qui lui est propre, et des forces qui n’apparaissent dans aucun bilan mais qui sont bien là.
Comme beaucoup d’enfants avec un TDA/H, il se bat chaque jour dans un système qui n’est pas toujours adapté à lui.
Et en tant que parent, il y a cette question qui revient souvent, surtout le soir :
Comment sera son avenir ? Est-ce qu’il aura confiance en lui ? Est-ce qu’il trouvera sa place ? Que va t-il devenir ?
Je n’ai pas de réponse certaine. Mais j’apprends à avancer avec ces questions, plutôt que de les laisser m’écraser.
C’est aussi pour cela que ce blog existe.
Pour raconter les défis sans filtre, mais aussi les petites victoires qu’on oublie trop souvent de célébrer.
Pour que d’autres parents ne se sentent pas seuls.
Pour que des adultes concernés puissent se reconnaître dans ces mots.
Et pour partager des ressources, des idées, des expériences vécues — pas parfaites, mais réelles.
Je ne suis pas médecin. Je suis juste une mère qui apprend, qui tâtonne, qui se trompe parfois, mais qui continue d’avancer.
Un jour à la fois.
Et si ce blog peut, à sa manière, alléger un peu le chemin de quelqu’un d’autre… alors il aura déjà rempli sa mission.