Le jour où nous avons compris que quelque chose était différent
Quand je repense à notre parcours, je réalise que les premiers signes étaient là depuis longtemps.
Pourtant, comme beaucoup de parents, nous avons d’abord fait confiance aux professionnels.
Tout a commencé lorsque notre fils était en maternelle. Sa maîtresse nous avait demandé un rendez-vous. Elle s’inquiétait de certaines difficultés qu’elle observait en classe et nous a conseillé de consulter un organisme spécialisé dans les handicaps et les besoins particuliers.
Nous avons suivi son conseil.
À l’époque, nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait.
Je me souviens encore de ce rendez-vous. Après avoir observé notre fils et discuté avec nous, le médecin nous a demandé ce que nous faisions là.
Selon lui, notre garçon allait parfaitement bien.
Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter, il allait grandir et devenir mature.
Nous sommes repartis rassurés.
Après tout, ces personnes étaient des spécialistes. Qui étions-nous pour remettre leur avis en question ?
Alors nous avons continué notre vie.
Les mois ont passé.
Mais quelque chose me dérangeait toujours (je crois au plus profond de mon cœur qu’au fond d’elle-même une maman sait).
Au début, c’est la lecture qui a attiré mon attention.
Les apprentissages semblaient beaucoup plus compliqués pour notre fils que pour les autres enfants de son âge. Il faisait des efforts, travaillait sérieusement, mais les progrès restaient difficiles.
Puis j’ai commencé à remarquer autre chose.
Lorsque je lui expliquais quelque chose, j’avais souvent l’impression qu’il ne comprenait qu’une partie du message ou de la consigne.
Je devais répéter.
Reformuler.
Découper les demandes.
Parfois, quelques minutes après une explication, il semblait avoir oublié ce qui venait d’être dit.
Pendant longtemps, j’ai cherché des explications.
Était-ce simplement un retard ?
Un manque de maturité ?
Une difficulté passagère ?
Puis un jour, j’ai décidé de faire ce que beaucoup de parents font lorsqu’ils ne trouvent plus de réponses : j’ai commencé à faire mes propres recherches sur Google.
J’ai passé des heures sur Internet.
Je lisais des témoignages.
Des articles.
Des descriptions de symptômes.
Et c’est là que je suis tombée sur un terme que je ne connaissais que de nom : le TDA/H.
Pour être honnête, je ne savais absolument pas ce que c’était.
J’ai donc continué à lire.
Encore et encore.
Et plus je lisais, plus j’avais l’impression de reconnaître mon fils dans les descriptions.
Les difficultés d’attention.
Les crises pour un oui ou pour un non.
Les oublis.
Les problèmes d’organisation.
Les difficultés scolaires malgré les efforts.
Tout semblait correspondre.
J’ai alors montré plusieurs articles à mon mari.
Je lui ai demandé :
« Est-ce que tu arrives à la même conclusion que moi ? »
Sa réponse a été simple.
Oui.
Pour la première fois, nous avions l’impression de mettre un nom sur ce que nous observions depuis des années.
Ironiquement, nous avons eu l’impression de poser nous-mêmes le diagnostic avant même de rencontrer les professionnels.
Lorsque nous avons parlé de nos soupçons à l’école, leur réaction m’a marquée.
J’ai eu le sentiment qu’ils n’étaient pas surpris.
Comme si certaines personnes autour de notre fils avaient déjà remarqué ces difficultés depuis longtemps et en connaissaient la cause.
Et pourtant, nous nous retrouvions une nouvelle fois seuls face à nos questions.
Comment obtenir un vrai diagnostic ?
Vers qui se tourner ?
Par où commencer ?
J’ai repris mes recherches.
J’ai appris qu’il nous fallait consulter un psychologue spécialisé dans le TDA/H.
Plus facile à dire qu’à faire.
Nous avons appelé des dizaines de cabinets.
Des dizaines.
Certains ne prenaient plus de nouveaux patients.
D’autres avaient des délais d’attente interminables.
À certains moments, j’avais l’impression que nous n’allions jamais trouver la bonne personne.
Nous n’arrivions pas à avancer et cela était très frustrant de ne pas arriver à aider notre enfant.
Puis le hasard est intervenu.
Ou peut-être la chance.
Lors d’une conversation avec une autre maman, le sujet est venu sur la table.
Elle nous a alors parlé d’une psychologue spécialisée dans les troubles de l’attention qui venait tout juste de s’installer dans notre secteur.
Aujourd’hui encore, je mesure l’incroyable coup de chance que cela a été.
Grâce à cette maman, nous avons pu obtenir un rendez-vous relativement rapidement.
Le bilan a été réalisé.
Et cette fois, il n’y avait plus de doute.
Le diagnostic est tombé.
TDA/H.
Après tous ces mois de questionnements, nous avions enfin une réponse.
Je pensais alors que le plus difficile était derrière nous.
Je me trompais.
Parce qu’en réalité, le diagnostic n’était pas la fin du parcours.
C’était le début.
Le vrai parcours du combattant commençait.
Un jour à la fois.