Le choc du mot TDA/H : quand on comprend que ça signifie “handicap”

Le choc du mot TDA/H : quand on comprend que ça signifie “handicap”

Le jour où le diagnostic de TDA/H est tombé pour notre fils, j’ai ressenti un mélange étrange.

Du soulagement.

De la fatigue.

Et une forme de compréhension enfin claire de ce que nous vivions depuis des années.

Mais il y a un moment précis que je n’oublierai jamais.

Ce n’est pas le mot TDA/H en lui-même qui m’a choquée.

C’est ce qu’il impliquait.

Le mot “handicap”.

Au début, je ne l’avais pas vraiment intégré. Et pour être totalement honnête, mon mari a mis des mois à dire le mot.

Pour moi, le TDA/H était une explication, une manière de mettre des mots sur des difficultés scolaires, de l’attention, de la concentration. Je pensais surtout à des stratégies, des adaptations, du soutien.

Mais très vite, la réalité administrative et médicale m’a rattrapée.

Et là, j’ai compris.

Le TDA/H n’était pas juste un “fonctionnement différent”.

C’était reconnu comme un trouble neurodéveloppemental pouvant relever du handicap.

Et ce mot a tout changé dans ma tête.

Parce que le mot handicap, il fait peur. Il m’a clairement mis un coup derrière la tête.

Il fait surgir des images, des projections, des inquiétudes pour l’avenir.

Il oblige à regarder la situation en face, sans filtre.

Je me suis surprise à me poser mille questions.

Est-ce que mon fils va être stigmatisé ?

Est-ce qu’il va être limité dans ses choix de vie ?

Est-ce qu’on va le réduire à ce mot-là ?

Et en même temps, il y avait une autre réalité.

Sans cette reconnaissance, sans ce mot, il n’y aurait pas d’aides concrètes.

Pas d’AESH à l’école.

Pas d’aménagements adaptés.

Pas de soutien structuré pour l’accompagner dans ses apprentissages.

C’est là que tout devient paradoxal.

On n’a pas envie de voir son enfant entrer dans la catégorie “handicap”.

Mais on comprend vite que sans cette reconnaissance, il risque d’être encore plus en difficulté.

C’est un tiraillement constant.

Entre le cœur et la raison.

Entre ce qu’on voudrait croire et ce dont il a réellement besoin.

Je me souviens aussi du moment où j’ai compris que ce mot allait nous accompagner dans toutes les démarches.

MDPH.

Aides.

Dossiers.

Évaluations.

Et surtout, la nécessité de raconter notre fils à travers ses difficultés plutôt que ses réussites.

C’est sans doute ce qui m’a le plus dérangée.

Devoir mettre en avant ce qui ne va pas, pour obtenir de l’aide.

Mais avec le recul, j’ai compris autre chose.

Ce mot n’enlève rien à qui est mon fils.

Il ne définit pas sa valeur.

Il ne dit pas qui il est.

Il dit simplement qu’il a besoin d’un soutien particulier pour avancer dans un système qui n’est pas toujours adapté à lui.

Aujourd’hui, j’ai appris à voir le TDA/H autrement.

Pas comme une étiquette.

Mais comme une explication.

Un point de départ pour trouver des solutions.

Mais je n’oublierai jamais ce moment précis.

Celui où j’ai compris que le mot TDA/H ne signifiait pas seulement “trouble de l’attention”.

Il signifiait aussi, administrativement et concrètement, l’entrée dans le monde du handicap.

Et il m’a fallu du temps pour accepter cette réalité

Et que ce mot allait changer notre manière d’avancer.

Un jour à la fois.

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