Le vrai parcours du combattant commence maintenant …
Après le diagnostic de TDA/H de notre fils, nous avons naturellement repris contact avec l’école.
Et là, surprise… enfin, pas vraiment.
L’école n’a pas semblé étonnée.
Au contraire, on nous a même confié qu’ils s’en doutaient déjà.
Honnêtement, sur le moment, j’ai eu un mélange de soulagement et d’agacement. Soulagement de ne pas être « à côté de la plaque », et agacement de me dire : si vous le saviez, pourquoi ne pas nous l’avoir dit plus tôt clairement ?
Mais à ce moment-là, une nouvelle étape nous attendait.
On nous a expliqué que pour mettre en place des aides concrètes pour notre fils, il fallait constituer un dossier MDPH. Aie déjà là le mot fait mal.
Et là, nous sommes entrés dans une autre dimension.
Parce que dossier MDPH signifie aussi évaluations, bilans, justificatifs… un véritable marathon administratif.
Nous avons donc commencé la chasse aux professionnels.
Orthophoniste, psychomotricien…
Et si je peux me permettre une parenthèse : si vous envisagez une reconversion, l’orthophonie est visiblement une excellente idée. Les listes d’attente peuvent atteindre deux ans dans certains endroits.
Entre les délais interminables et les refus faute de place, il a fallu beaucoup de patience et de persévérance. Nous avons changé plusieurs fois de praticiens avant de réussir à avancer correctement.
Petit à petit, avec nos bilans en main, le fameux document de l’école — le GEVASCO — et beaucoup de paperasse, nous avons enfin pu commencer à monter le dossier MDPH.
Sauf qu’il restait une question essentielle : où trouve-t-on ce dossier ?
Encore une fois, c’est moi qui me suis retrouvée à chercher seule sur internet.
Le site de la MDPH… disons-le franchement… n’était pas d’une grande clarté.
Mais j’ai fini par trouver le fameux formulaire.
Je l’ai imprimé.
Et là, nouvelle surprise.
Le dossier ne se résume pas à des bilans médicaux.
Il faut aussi un certificat médical, sans toujours comprendre précisément pourquoi, et surtout un élément qui m’a complètement déstabilisée : le projet de vie.
Un projet de vie.
Pour un enfant de 11 ans.
À ce moment-là, nous ne demandions même pas d’aide financière particulière. Notre priorité était simple : obtenir une AESH pour l’accompagner à l’école et demander un maintien en grande section à l’époque.
Mais pour être entendus, il fallait écrire.
Expliquer.
Justifier.
Raconter.
J’ai donc dû rédiger ce fameux projet de vie.
Huit pages.
Huit pages à raconter notre fils, son quotidien, ses difficultés, ses efforts, nos inquiétudes, et tout ce que nous espérions pour lui.
Quand j’ai terminé, j’étais épuisée émotionnellement.
Je me souviens avoir pleuré en écrivant ce document. Même mon mari a pleuré en le lisant et je vous jure que ce n’est clairement pas son genre.
Parce qu’écrire noir sur blanc ce que son enfant vit au quotidien, c’est à la fois nécessaire… et très lourd.
Mais le dossier était enfin prêt.
Complet.
Déposé.
Et puis… il ne restait plus qu’une chose à faire.
Attendre.
Longtemps.
Très longtemps.