On avait juste oublié de lui préciser un petit détail… les vaccins 😅
Mercredi, Tiago savait qu’il avait rendez-vous chez le médecin.
Ça, on le lui avait dit.
Ce qu’on avait légèrement oublié de préciser, en revanche, c’est qu’il allait aussi se faire vacciner.
À la base, trois vaccins étaient prévus.
Finalement, l’un d’eux n’était pas compatible avec les deux autres et ne pouvait donc pas être fait le même jour.
Tiago n’en aurait que deux.
Un dans chaque bras.
Vous imaginez sans doute son immense soulagement.
Non ? Nous non plus. 😅
Avant que certains se disent : « Mais pourquoi vous ne lui avez pas dit ? », laissez-moi vous expliquer.
Parce qu’avec Tiago et les aiguilles, on ne parle pas d’une petite appréhension.
On parle d’une vraie phobie.
Des vaccins qui attendaient depuis presque un an
L’ordonnance de ces fameux vaccins, cela faisait quasiment un an que nous l’avions.
Oui. Un an.
Ils attendaient tranquillement leur heure pendant que, nous, nous repoussions tranquillement le problème. 😅
Entre-temps, nous avions d’ailleurs eu une nouvelle démonstration de ce que pouvait provoquer cette peur chez Tiago.
Comme il doit avoir un appareil dentaire l’année prochaine, il fallait lui extraire une dent de lait.
Une dent de lait.
Après plusieurs rendez-vous chez le dentiste, nous avons finalement dû nous rendre dans une clinique spécialisée.
Et pour retirer cette petite dent ?
Valium et protoxyde d’azote.
Voilà voilà.
Autant vous dire qu’après cette expérience, les vaccins n’étaient pas franchement remontés en tête de notre liste des activités familiales du mercredi. 😂
« Tant qu’à aller chez le médecin… »
Cette semaine, nous devions de toute façon prendre rendez-vous chez le médecin.
Il nous fallait un certificat médical pour la pala, mais également le certificat du médecin nécessaire au renouvellement du dossier MDPH.
Et là, je me suis dit :
Tant qu’à y être, autant faire les vaccins.
Quelle merveilleuse idée.
Sur le papier. 😅
Tiago savait donc parfaitement qu’il allait chez le médecin. Nous ne lui avons pas menti sur le rendez-vous.
Nous avons simplement choisi de ne pas lui annoncer les vaccins.
Et chez nous, ce choix est loin d’être anodin.
Chez nous, on ne ment pas à nos enfants
À la maison, nous avons une règle depuis toujours : on ne ment pas à nos enfants.
On leur dit les choses.
On parle de tout.
Même lorsque ce n’est pas agréable.
Même lorsque le sujet est compliqué.
On préfère expliquer avec des mots adaptés plutôt que cacher ou inventer une histoire pour éviter une conversation difficile.
C’est important pour nous, parce que nous voulons qu’ils sachent qu’ils peuvent nous faire confiance et, surtout, qu’eux aussi peuvent venir nous parler de tout.
Alors forcément, cette fois-ci, nous savions très bien que nous étions en train de faire quelque chose qui ne ressemblait pas à notre fonctionnement habituel.
Et nous savions aussi que Tiago risquait de le vivre comme une trahison.
Nous en avions parlé avant.
Nous savions qu’au moment où il comprendrait, il pourrait nous en vouloir.
Mais ces vaccins, il fallait les faire.
Cela faisait presque un an que nous repoussions.
Et parfois, malgré tous les principes auxquels on tient, il faut aussi composer avec la réalité de son enfant.
Alors oui, cette fois, nous avons pris le risque de la « trahison ».
Pas parce que c’était plus facile pour nous.
Ni parce que nous ne voulions pas affronter sa réaction.
Mais parce que nous connaissons Tiago.
Pourquoi nous avons choisi de ne pas le prévenir
Chez beaucoup d’enfants avec un TDAH, l’anxiété peut prendre une place importante. Et chez lui, lorsqu’une inquiétude s’installe, il peut focaliser dessus et avoir énormément de mal à penser à autre chose.
Lui annoncer un vaccin trois jours avant, ce n’est pas lui laisser trois jours pour s’y préparer. C’est lui laisser trois jours pour y penser.
Trois jours à imaginer.
À anticiper.
À nous dire qu’il ne veut pas y aller.
Trois jours pendant lesquels son stress aurait eu tout le temps de monter.
Alors nous avons fait notre choix.
Exceptionnellement, nous ne lui dirions pas tout.
Et nous savions qu’il n’allait probablement pas nous remercier. 😅
Pendant ce temps-là… moi, je n’étais pas là 😅
Parce qu’il faut quand même que je vous avoue quelque chose.
Je déteste ce genre de situation.
En cas d’urgence, je gère.
S’il arrive quelque chose à mes enfants et qu’il faut agir immédiatement, aucun problème.
Mais quand je sais à l’avance qu’il va y avoir des pleurs, du stress, de la panique et qu’il va falloir tenir bon pendant que mon enfant est terrorisé…
Je suis lâche.
Voilà. C’est dit. 😂
Alors mercredi, chez le médecin, il n’y avait pas Tiago, son père et moi.
Il y avait Tiago et Thibault.
Moi ?
J’étais ailleurs.
Très loin de toute aiguille. 😅
Et vu ce qui s’est passé, je peux vous dire une chose :
heureusement que papa s’y est collé.
Quand Tiago a compris
Lorsque Tiago a compris qu’il allait être vacciné, le stress a immédiatement pris toute la place.
Il s’est débattu.
Il a crié.
Thibault a dû le tenir.
Et Tiago a fini par vomir sous l’effet du stress.
Là, évidemment, il n’y avait plus rien de drôle.
Sa peur était réelle.
Intense.
Ce n’était pas un caprice.
Ce n’était pas simplement « je n’aime pas les piqûres ».
C’était une vraie panique.
Mais malgré tout cela, les deux vaccins ont été faits.
Un dans chaque bras.
La fameuse « trahison »
Une fois la tempête passée, il a évidemment fallu parler de ce que nous avions fait.
Et puisque chez nous on parle de tout, on n’allait certainement pas éviter cette conversation-là.
On ne lui a pas dit que nous avions oublié de le prévenir.
Pas question non plus de chercher une excuse.
Nous lui avons expliqué que oui, nous avions volontairement choisi de ne pas lui dire qu’il allait être vacciné.
Évidemment, nous savions qu’il risquait de nous en vouloir.
Et nous avions aussi conscience que cela pouvait être difficile à accepter, justement parce que nous avons l’habitude de tout lui dire.
Mais nous lui avons expliqué pourquoi nous avions fait ce choix.
Parce que nous connaissions sa peur.
Ces vaccins étaient pourtant nécessaires.
Et nous savions que s’il l’avait appris plusieurs jours auparavant, il aurait probablement passé tout ce temps à y penser et à angoisser.
En quelque sorte, nous avions accepté qu’il puisse nous en vouloir sur le moment pour lui éviter plusieurs jours d’angoisse avant.
Et vous savez quoi ?
Il a compris.
Vraiment.
Il n’a évidemment pas apprécié la méthode au moment où il a découvert le pot aux roses.
Mais après nos explications, il a compris pourquoi nous avions fait ce choix.
Et surtout, une fois la colère et la peur retombées, quelque chose d’autre est apparu :
la fierté.
Il l’avait fait.
Malgré sa phobie.
Malgré la panique.
Et malgré tout ce que cette situation lui avait demandé.
Il était fier de lui.
Et nous aussi.
Énormément.
Bon… après, il avait mal aux DEUX bras 😅
Ne terminons quand même pas cette histoire comme dans un joli film avec musique émouvante et coucher de soleil.
Nous parlons de notre famille.
Pendant les trois jours suivants, nous avons donc eu droit à :
« J’ai mal au bras. »
Puis :
« J’ai mal à l’autre bras aussi. »
Et encore :
« Mais j’ai vraiment mal aux deux bras ! »
Oui Tiago.
Nous savons.
Tu as eu deux vaccins.
Nous étions au courant. 😂
Pendant trois jours, nous avons donc bénéficié d’un suivi extrêmement précis de l’état de chacun de ses bras.
Mais de la fameuse « trahison » ?
Plus rien.
Il ne nous en a plus reparlé.
Affaire classée.
Enfin…
Presque.
Parce qu’il en reste un 😏
Vous vous souvenez du troisième vaccin ?
Celui qui ne pouvait pas être administré en même temps que les deux autres ?
Eh bien évidemment, il faudra y retourner.
Le médecin a donc demandé directement à Tiago quand il souhaitait faire ce dernier vaccin.
Tiago a réfléchi.
Puis il a rendu sa décision :
« Après les fêtes de Noël. »
😂
Très bien.
Le médecin lui a laissé le choix et monsieur s’est donc accordé quelques mois de tranquillité.
Je trouve personnellement qu’il maîtrise déjà parfaitement l’art de la négociation.
Rendez-vous après Noël pour le prochain épisode de la saga vaccinale.
Et cette fois…
Il sera au courant. 😂
Parfois, préparer son enfant ne veut pas forcément dire tout lui dire longtemps à l’avance
Je ne raconte évidemment pas cette histoire pour dire qu’il faudrait cacher un vaccin à tous les enfants.
Chaque enfant est différent.
Les peurs le sont aussi.
Et chaque parent connaît son enfant.
Chez nous, dire la vérité et parler de tout avec nos enfants reste la règle.
Ce mercredi-là était une exception.
Une exception réfléchie, pas très confortable et dont nous savions qu’elle pouvait avoir un prix : celui que Tiago nous en veuille.
Mais nous avons pesé le pour et le contre.
Et nous avons décidé de prendre ce risque parce que nous connaissions aussi ce que plusieurs jours d’anticipation pouvaient provoquer chez lui.
Dans notre cas, le prévenir longtemps à l’avance ne l’aurait pas aidé à se préparer.
Cela aurait surtout prolongé son angoisse.
Parfois, accompagner son enfant, c’est aussi devoir faire des choix imparfaits.
Des choix qui ne correspondent même pas toujours à notre manière habituelle de faire.
Et ensuite, c’est être capable d’en parler avec lui, de lui expliquer pourquoi et d’entendre aussi ce qu’il a ressenti.
Quand, après tout ça, Tiago a compris notre décision et surtout qu’il a été fier de lui, je me suis dit que cette petite victoire méritait d’être racontée.
Même si, apparemment, elle faisait mal aux deux bras. 😅💙
Et au fait… le PAP ? 😏
Vous vous souvenez de notre dossier qui devait arriver à la médecine scolaire ?
Eh bien…
Thibault l’a déposé mercredi.
À la médecine scolaire.
Au bon endroit.
👏👏👏
Après nos dernières aventures administratives, je pense sincèrement que cette information mérite sa propre célébration. 😂
Le dossier est donc enfin là où il doit être.
Maintenant, on attend la suite.
Et puisque je parle de Thibault…
La semaine prochaine, il faudra peut-être que je vous raconte l’histoire des clés du boulot disparues pendant plusieurs jours.
Nous avons cherché dans la maison.
Dans les voitures.
Thibault avait plusieurs souvenirs très précis de l’endroit où il les avait mises.
Évidemment, aucun n’était le bon.
Et la façon dont nous avons finalement retrouvé ces clés mérite vraiment son propre chapitre. 😂
À suivre…
Cléa, Un jour à la fois. Parce qu’avec le TDAH, les petites victoires comptent aussi. 💙