Et pendant ce temps-là… j’en ai un autre qui a juste 13 ans 😅

Et pendant ce temps-là… j’en ai un autre qui a juste 13 ans 😅

La semaine dernière, je vous racontais notre rendez-vous au collège pour Tiago : son inscription, son PPS et toutes les questions autour de la suite.

Cette fois, j’ai envie de vous parler de Yanis, mon aîné. Il a 13 ans et il est en 4e. Mon ado n’aime pas le collège. En revanche, les jeux vidéo, le kayak qu’il pratique avec son collège et le VTT, ça lui plaît beaucoup.

Il aime aussi faire dégoupiller son frère. Pour cette activité, il semble même avoir une motivation assez constante. 😅

Yanis adore embêter Tiago. Parfois, il insiste jusqu’à le pousser à bout. Il peut aussi lui dire des choses blessantes. Dans ces moments-là, on intervient : être grand frère ne donne pas tous les droits.

Mais Yanis ne se résume pas à ses chamailleries. Il n’est pas non plus seulement celui qui laisse traîner ses devoirs.

Cette rentrée avait pourtant bien commencé. Yanis avait pris de bonnes résolutions : ne pas perdre de points au collège, apprendre ses cours et faire des efforts.

Puis il a décidé qu’il voulait entrer dans la gendarmerie plus tard. Alors, forcément, il allait s’y mettre !

La motivation a duré quatre jours.

Pas quatre mois. Pas quatre semaines. Quatre jours. Le futur gendarme a tenu bon avant que la flemme reprenne tranquillement sa place. 😂

Cela dit, il y a aussi une bonne nouvelle : pour le moment, son comportement au collège est bon. La directrice nous l’a confirmé lors du rendez-vous pour Tiago. Yanis s’était promis de ne pas perdre de points, et, côté comportement, il tient son objectif.

Pour le travail, en revanche, c’est une autre histoire. Les cours à apprendre, les devoirs à faire et les livres imposés ne l’ont pas soudainement passionné.

La gendarmerie l’inspire davantage que les révisions. Du moins, pour l’instant. 😅

Pendant deux ans, cette situation m’a beaucoup pesé.

Yanis a des capacités de fou. Je le vois quand il s’y met. Alors, quand il repousse ses devoirs ou ne travaille pas, j’ai envie de l’aider à s’accrocher.

J’ai repris ses cours pour les reformuler plus simplement. Je me suis installée avec lui pour les devoirs. J’ai aussi cherché comment rendre les leçons plus claires.

Cette année, je continue à l’accompagner. Je ne vais pas le laisser seul face à une difficulté si je peux l’aider à comprendre.

Pourtant, je sais que je ne peux pas tout faire à sa place. Je peux expliquer une leçon autrement et rester présente pour l’encourager. En revanche, je ne peux pas apprendre à sa place ni lui donner envie de travailler.

S’il ne veut pas faire d’efforts, ça lui appartient. Ce n’est pas facile à accepter, mais je ne peux pas le rendre plus mature dans les études. J’aimerais parfois trouver le bouton… Il est sûrement quelque part, mais je ne l’ai pas encore repéré. 😅

Prendre un peu de recul ne veut pas dire que je m’en fiche. Je continue à l’aider, bien sûr. Mais je ne peux pas porter toute sa motivation sur mes épaules. À un moment, il faut aussi qu’il choisisse de s’y mettre.

Le TDAH de Tiago fait partie de notre quotidien. Thibault, son papa, a lui aussi un TDA. De son côté, Yanis grandit au milieu de tout ça et comprend beaucoup de choses.

Ce n’est pas forcément facile d’être le frère qui voit les difficultés et les adaptations nécessaires. Yanis ne regarde pas notre histoire familiale de loin : il la vit avec nous.

En 2022, j’ai été malade. Nous avons aussi perdu ma grand-mère, que Yanis adorait. Ça fait beaucoup pour un enfant qui comprend tout.

Je ne peux pas parler à sa place ni savoir exactement comment il a vécu chaque événement. Malgré tout, je sais que ces moments font partie de son histoire. Je ne veux pas l’oublier quand je m’agace de le voir manquer d’envie pour le travail scolaire ou chercher Tiago un peu trop longtemps.

Cela n’excuse pas les paroles qui blessent. On pose des limites et on protège Tiago. Mais Yanis a, lui aussi, besoin qu’on regarde ce qu’il traverse, pas seulement ses devoirs, ses points ou ses chamailleries avec son frère.

À la maison aussi, les règles ont des conséquences. Il y a quelque temps, Yanis a eu trois jours sans écran.

Et trois jours de service officiel auprès des chats (mettre de l’eau et des croquettes deux fois par jour… ça va quand même 😂).

Il ne manquait plus qu’un badge, un planning et une réunion d’équipe. Même si, connaissant les chats, ils auraient probablement ignoré l’ordre du jour. 😂

Cette sanction est levée depuis longtemps. Les écrans sont revenus et les chats ont retrouvé leur vie habituelle. Avec ou sans assistance : ils ne nous ont pas demandé leur avis.

Sur le moment, la conséquence était bien réelle. Mais une fois l’épisode passé, on peut aussi en rire. Chez nous, le cadre reste le cadre ; l’humour vient après.

Comme le TDAH est très présent dans notre quotidien, on pourrait finir par tout regarder à travers ce prisme.

Pourtant, Yanis n’a pas de trouble. Sa flemme pour le collège, son manque d’envie de bûcher et son immaturité dans les études ne sont pas à mettre sur le compte du TDAH.

Parfois, un ado de 13 ans n’a simplement pas envie de travailler. Cela ne rend pas les devoirs plus faciles, mais ça fait aussi partie de l’adolescence et de l’apprentissage de l’autonomie.

Alors je continue à l’accompagner. Je reprends les cours, je les explique autrement et je reste avec lui pour les devoirs. En même temps, j’essaie de ne pas confondre « être présente » avec « tout faire à sa place ».

Trouver le juste milieu entre aider son ado à faire ses devoirs et porter tout le travail à sa place, c’est ce qui me demande le plus d’efforts cette année.

La semaine dernière, on parlait surtout de Tiago et de son entrée au collège. Cette semaine, c’est au tour de Yanis d’avoir sa place dans le récit. Deux enfants, deux histoires, et une maman qui essaie de les accompagner sans prendre le volant à leur place.

Et si son projet de devenir gendarme tient plus de quatre jours la prochaine fois, il faudra peut-être prévoir une petite séance de révision dans le programme. 😂

Et chez vous, comment faites-vous pour aider votre ado sans finir par porter tous ses efforts à sa place ?

Cléa, Un jour à la fois avec le TDAH

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