Les règles ? Il les connaît. S’en souvenir au bon moment… c’est autre chose 😅

Les règles ? Il les connaît. S’en souvenir au bon moment… c’est autre chose 😅

La semaine dernière, je vous avais promis de vous parler du TDAH et des règles à la maison. Chez nous, Tiago les connaît. Mais quand la colère arrive, les appliquer devient une autre histoire. 😅

Sur le papier, tout est donc assez clair.

Dans la vraie vie… disons que le papier a parfois du mal à suivre.

Il suffit d’une frustration. D’un truc qui l’énerve. De son frère qui passe par là au mauvais moment. Et la règle, pourtant bien connue, passe au second plan.

La semaine dernière a été plus ou moins compliquée. Les vacances approchaient. Les enfants étaient fatigués. Et chez nous, des enfants fatigués ne sont pas forcément des enfants qui se posent tranquillement.

Ce serait trop simple.

Ils sont énervés. Alors ils se cherchent. Et forcément, ils se trouvent.

Nous, au milieu, on essaie de garder le cap.

Avec plus ou moins de calme selon les moments. 😂

À l’école, Tiago fait de gros efforts.

Pour les apprentissages, bien sûr. Mais aussi pour son comportement. Il essaie de se retenir. Et il ne tape plus à l’école.

Ce n’est pas rien.

On voit les efforts qu’il fait. Et on sait que tout cela lui demande beaucoup.

À la maison, c’est une autre histoire. Il relâche la pression. Les frustrations ressortent. Les réponses aussi. Et son frère se retrouve souvent aux premières loges.

Au fond, on préfère que ce soit dans ce sens-là.

On préfère qu’il arrive à avancer dans ses apprentissages. Qu’il puisse vivre sa journée d’école sans que son comportement prenne toute la place.

Mais une bonne semaine à l’école ne veut pas dire que tout devient simple à la maison.

Les deux peuvent exister en même temps.

On peut être contents de ses progrès et trouver la soirée franchement fatigante. Comprendre qu’il ait besoin de relâcher, aussi. Mais son frère n’a pas à en faire les frais.

C’est là que notre deuxième journée commence. Celle où il faut accompagner, rappeler, intervenir… et garder un peu de patience en réserve.

Dès qu’il rentre de l’école, j’ai souvent l’impression de savoir comment va se passer la soirée.

Il lui arrive toujours quelque chose qui l’énerve. Et quand il rentre avec cette contrariété, elle ne reste pas gentiment à la porte avec le cartable.

Elle entre avec lui.

Il râle et répond. Puis il insiste. Parce qu’il veut avoir raison.

Et quand les deux frères commencent à se chercher, cela n’arrange rien.

Avec les vacances qui approchaient, la fatigue était bien installée. Les enfants passaient leur temps à se provoquer. Tiago avait le poing facile, surtout avec son frère.

Nous, on aimerait parfois que l’un des deux décide de laisser tomber.

Juste une fois.

Mais non. Il faut encore une réponse. Puis un dernier mot. Et forcément, les chamailleries repartent. 😅

Alors on intervient pour rappeler les limites. On essaie d’arrêter les disputes avant qu’elles prennent trop de place.

Certains soirs, on a vraiment l’impression de répéter les mêmes choses.

Pourtant, les règles ne sont pas nouvelles.

C’est sans doute ce qui est le plus difficile à expliquer.

Tiago connaît les règles. Le problème n’est pas qu’on aurait oublié de lui dire qu’on ne tape pas son frère.

Cette information-là a bien été transmise. Plusieurs fois, même.

Mais quand il est frustré ou en colère, il n’arrive pas toujours à s’arrêter avant d’agir.

Dans ces moments-là, avec son TDAH, on voit bien à quel point c’est difficile pour lui. La colère prend toute la place. La règle passe derrière.

Et paf. Il tape.

Ou alors, il se braque et répond. Ensuite, il s’accroche à ce qu’il veut dire. Avec l’envie d’avoir le dernier mot.

Ça non plus, ça ne passe pas.

Comprendre sa difficulté ne fait pas disparaître les limites. Son frère n’a pas à recevoir les coups. Et on ne peut pas laisser toute la maison fonctionner au rythme de ses contrariétés.

Alors on garde le cadre.

Même quand on sait qu’il n’a pas réussi à se retenir. Même quand on voit bien que, pour le moment, il ne sait pas encore faire autrement.

Ce n’est agréable pour personne.

Tiago se retrouve encore dans une situation qu’il connaît. Son frère en fait les frais. Quant à nous, on aimerait réussir à éviter le débordement avant qu’il arrive.

Depuis la rentrée, nous avons un carnet à points. Il est toujours en place. Son fonctionnement n’a pas changé.

Dit comme ça, avec un barème et des sanctions, cela peut paraître un peu sévère.

Mais notre carnet ne sert pas seulement à retirer des points. Il sert aussi à responsabiliser les enfants.

Comme je vous l’avais expliqué dans un précédent article, on prévient une première fois avant de retirer des points.

Les enfants ont donc la possibilité de s’arrêter et de rectifier leur comportement. Si ça continue malgré l’avertissement, on applique le barème prévu.

Les points ne disparaissent pas sans prévenir.

Et surtout, le carnet fonctionne dans les deux sens. On peut perdre des points, mais il existe aussi une partie pour en récupérer.

Cette partie-là compte autant que le reste.

Une bêtise ne veut pas dire que tout est fichu. Il y a une possibilité de se rattraper. De faire des efforts. Et de regagner des points dans le cadre prévu.

L’idée, c’est que les enfants comprennent que leurs actes ont des conséquences. Mais aussi qu’ils peuvent agir pour améliorer les choses.

Un peu comme le permis de conduire.

Sauf que chez nous, les accrochages se font surtout entre frères. 😅

Tiago connaît bien le fonctionnement.

Sur le moment, quand il perd des points, il ne dit parfois rien. Ou alors, il accuse son frère.

Même quand la bêtise vient de se passer juste devant nous.

Il tente donc de nous expliquer que nous n’avons pas vu ce que nous venons de voir. Une défense ambitieuse. 😂

Il essaie aussi d’avoir le dernier mot. Et là, on garde la limite.

Puis, une fois qu’il a digéré, il commence à réfléchir à la suite.

Comment récupérer ses points ?

Ah, cette partie du carnet, il ne l’a pas oubliée ! 😅

Et c’est aussi pour ça qu’elle existe. Pour qu’il puisse sortir de la contrariété et chercher comment se rattraper.

Bien sûr, on aimerait que la réflexion arrive avant le geste. Que la règle lui revienne avant de taper son frère.

Pour le moment, c’est encore difficile.

Alors le carnet reste un repère. Avec des limites, mais aussi la possibilité de repartir dans le bon sens.

Pour le moment, on a fait le choix de ne pas mettre en place de traitement médicamenteux pour son TDAH.

Au quotidien, on essaie de l’accompagner avec le cadre que nous avons posé. Et nous aussi, on doit prendre sur nous.

Rester constants. Garder les mêmes règles, même quand on est fatigués. Et éviter d’entrer dans une discussion sans fin à chaque fois qu’il veut avoir raison.

Il faut donc rester… zen.

Enfin, essayer.

Parce que je peux écrire le mot très facilement. Le mettre en pratique un soir où les enfants se cherchent sans arrêt, c’est une autre affaire. 😅

Quand Tiago insiste, râle et répond, il est parfois difficile de garder son calme.

On sait qu’il a fait des efforts à l’école. La fatigue est là, aussi. Et certaines choses restent plus compliquées pour lui.

Mais nous aussi, on peut être fatigués.

Il y a des moments où l’on arrive à prendre du recul. Et d’autres où une réponse de plus nous fait souffler un peu plus fort que prévu.

On n’est pas des parents parfaitement calmes.

On est des parents qui essaient de rester cohérents. Contents de voir les progrès, mais parfois fatigués par les débordements.

Et le lendemain, on recommence.

Comme si la semaine manquait un peu d’animation, mercredi dernier, Tiago s’est cogné le petit doigt de pied contre la table basse.

Juste avant l’orthophoniste.

Le petit bobo banal du quotidien.

Enfin… banal, cela dépend pour qui.

Tiago avait mal. Et il n’arrivait pas à gérer cette douleur. Son attention était entièrement tournée vers son pied.

À partir de là, impossible de mettre sa chaussure.

Nous sommes donc arrivés chez l’orthophoniste avec une chaussure à un pied.

Et une chaussette à l’autre.

Voilà. Une tenue parfaitement assortie à notre semaine. 😂

Heureusement, nous étions garés juste devant. Et nous n’avons croisé presque personne.

Moi, je n’étais pas inquiète. Je connais sa façon de focaliser sur ses petits bobos. Alors, j’ai tendance à dédramatiser.

Je me dis qu’il y a des choses plus graves dans la vie. Et cette arrivée avec une seule chaussure m’a fait rire.

Décidément, on n’est pas une famille typique !

Pour Tiago, en revanche, le pied occupait toute la place. Pendant la séance d’orthophonie, il n’a pas réussi à se concentrer.

Difficile de penser à autre chose quand le petit doigt de pied est devenu le sujet principal de la journée.

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Mais jusqu’à vendredi, il n’a presque parlé que de son pied.

Moi, j’avais l’impression que ça allait déjà beaucoup mieux. Lui, visiblement, n’avait pas encore classé l’affaire.

Tiago focalise souvent sur ses petits bobos. Et j’ai parfois l’impression que c’est aussi une façon de garder toute notre attention.

C’est mon ressenti de maman.

Il a mal et il en parle. Toute la famille doit donc être au courant.

Le petit doigt de pied est petit. La place qu’il prend dans les conversations, beaucoup moins. 😅

Alors j’essaie de dédramatiser. De ne pas laisser le bobo devenir le centre de toute la maison.

Mais attention : il faut aussi surveiller notre réaction.

Parce que rire de la situation n’est pas forcément reçu comme on l’imagine.

Dans ces moments-là, Tiago ne comprend pas notre humour comme nous.

Un rire nerveux peut nous échapper. Nous, on rit du décalage. De cette arrivée chez l’orthophoniste avec une seule chaussure. Et de ce petit bobo qui prend des proportions énormes.

Mais lui se braque.

Il part en criant et claque la porte.

On se retrouve alors à rappeler les règles. Parce que, même quand on est contrarié, elles restent les mêmes.

Si ça continue malgré l’avertissement, les points peuvent donc tomber aussi.

Nous voilà avec un petit doigt de pied, une chaussure abandonnée et une nouvelle contrariété à gérer.

Il faut reconnaître que nos journées savent varier les sujets. 😂

Ce n’est pas toujours facile de trouver la bonne réaction. Dédramatiser sans qu’il se sente moqué. Garder le cadre sans prolonger la dispute.

Et parfois, simplement attendre que tout le monde redescende un peu.

Puis est arrivée la question de la pala.

La pala, c’est sa grande passion.

Jeudi dernier, je lui ai donc dit :

« Ah bah, si tu as mal au pied, tu ne vas pas à la pala. »

Et là, miracle.

Le pied était guéri ! 😂

Vendredi matin, il avait encore un tout petit peu mal. Mais pour aller à la pala, aucun problème.

Il pouvait y aller. Ça allait tenir.

Et je l’ai vu : il courait partout !

Le même pied qui avait rendu le port de la chaussure impossible mercredi était bien présent sur le terrain vendredi.

Et il ne semblait pas avoir demandé de dispense. 😅

Mais après la pala, Tiago a quand même tenu à nous préciser :

« Le pied, ça va… J’ai encore un tout petit peu mal, mais ça va. »

Histoire qu’on n’aille pas classer le dossier trop vite. 😂

La pala était terminée. Le bulletin de santé du petit doigt de pied, lui, continuait.

Voilà un peu à quoi a ressemblé notre semaine.

Des efforts à l’école. Des frustrations à la maison. Des frères qui se cherchent. Un carnet qui aide à garder le cap.

Et un petit doigt de pied qui a eu son heure de gloire. Voire plusieurs. 😅

On peut se réjouir des progrès de Tiago sans prétendre que tout est réglé.

Il ne tape plus à l’école. C’est un progrès important.

À la maison, c’est encore compliqué. Cela ne fait pas disparaître ce qu’il réussit ailleurs. Mais cela reste quelque chose que nous devons gérer.

On préfère qu’il arrive à faire ses efforts à l’école. Même si le retour à la maison demande parfois beaucoup de patience.

Alors on continue.

On rappelle les règles et on prévient. Ensuite, on l’accompagne. Avec toujours la possibilité de se rattraper.

Puis on retrouve un Tiago qui cherche comment regagner ses points.

Et nous, on essaie de garder un peu d’humour au milieu de tout ça.

Pas toujours au bon moment, visiblement. 😅

Un jour à la fois. ❤️

Mais si ! Toute cette histoire avec le collège, les démarches, les échanges… et les cheveux blancs en bonus !

Eh bien, la semaine prochaine, on va reparler de tout ça.

Parce que oui : tout ce travail pour le PAP… pour découvrir qu’il n’en avait pas besoin. 😂

Cléa, Un jour à la fois avec le TDAH

Pour les parents qui souhaitent trouver des informations et des ressources sur le TDAH, il y a aussi le site de l’association HyperSupers – TDAH France.

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